La Volière

Pourquoi implanter une volière anglaise sur son territoire ?

En France, des populations de faisans communs sauvages se développent un peu partout qui sont suffisamment importantes pour permettre un prélèvement prudent par la chasse. Elles sont toutes le fruit de la conservation ou de la restauration des habitats et d’une gestion scrupuleusement raisonnée de l’espèce et font encore figure d’exemples.

Elles demeurent relativement rares par comparaison avec le nombre très important de territoires pratiquant le lâcher « d’oiseaux de tir » pendant la période de chasse (plus de 10 millions par an).

Entre ces deux situations opposées, existe une alternative propre à satisfaire les chasseurs qui, n’ayant pas le privilège de pouvoir chasser des faisans sauvages, souhaitent tenter de tendre vers cet objectif.

Fortement soutenue par l’Association pour la Conservation du Petit Gibier (A.C.P.G.), la méthode anglaise d’implantation des faisans apparaît comme la « troisième voie » capable de réconcilier le chasseur de petit gibier avec la chasse de ce splendide oiseau. Il s’agit d’implanter sur un territoire aménagé pour les accueillir de jeunes faisans communs au moyen d’une volière à ciel ouvert, dite volière anglaise.

Agés d’environ 8 semaines, les faisandeaux sont mis en place en été, en une seule fois. Rapidement, ils développeront un comportement proche du comportement sauvage avant de se disperser progressivement dans des secteurs du territoire soigneusement déterminés puis préparés.

Ce concept général peut paraître simple. Au vrai, il s’agit d’une méthode globale de gestion de l’espèce qui se doit d’être adaptée aux spécificités de chaque territoire. Les critères de décision sont nombreux et variés : site possible d’implantation de la volière, temps disponible, nombre d’oiseaux que l’on désire lâcher, technique d’agrainage utilisée, contrôle de la dispersion des oiseaux, contrôle de la prédation, positionnement des cultures, nature et qualité des couverts de protection …

Une réflexion préalable intégrant tout ces facteurs est indispensable au succès de la méthode. La substitution à une volière traditionnelle d’une volière anglaise ne suffit pas, à elle seule, à assurer le succès.

Par cette méthode de gestion globale, il est possible d’offrir aux chasseurs les plus exigeants des oiseaux de grande qualité, capables de survivre dans la nature et ensuite de s’y reproduire. En cela elle peut être le point de départ de la construction d’une population sauvage.

Dans la suite seront fournies les informations essentielles à l’adaptation sur le territoire en sachant que la réussite ne peut être obtenue que si une réelle volonté de gestion des habitats est associée à l’action purement technique.

A l’implantation réussie de faisans sur un territoire s’ajoute tout un cortège de bénéfices environnementaux pour la faune et la flore sauvages de nature à faire comprendre au grand public le rôle bénéfique de la chasse envisagée de cette manière.

Principe général de fonctionnement

La volière anglaise peut être considérée comme l’élément moteur du système, le « cœur ». Autour seront judicieusement répartis les couverts, naturels ou implantés, que les faisans fréquenteront pendant la journée : ce sont les « poumons ». Construire une volière anglaise sans aménager les habitats périphériques reviendrait à imaginer un cœur fonctionnant sans poumons !!

La volière sera implantée dans un bois à partir duquel, progressivement, les oiseaux coloniseront les couverts situés à proximité, rendus attractifs par des aménagements appropriés et un agrainage raisonné qui faciliteront leur cantonnement.

Lorsqu’ils seront chassés, les oiseaux regagneront naturellement le refuge que constitue pour eux la volière.

Comment choisir le lieu d’implantation de la volière à ciel ouvert ?

Le critère de choix le plus important est la capacité du bois à accueillir confortablement les oiseaux, la volière anglaise étant nécessairement implantée dans un bois.

L’endroit choisi doit être facilement accessible aux véhicules pour assurer la surveillance, l’acheminement de l’eau et de la nourriture…

Mieux vaut un bois au biotope idéal, facile d’accès bien que proche de la limite du territoire plutôt qu’un bois peu hospitalier retenu sur le seul critère de sa situation géographique centrale.

Les critères positifs de choix du site :

 1 : De la lumière et du soleil pour se réchauffer et se sécher.

2 : Un couvert arbustif pour se protéger et apprendre à se percher la nuit ainsi que des arbres à branches basses, un peuplement mixte de feuillus et de conifères s’avérant idéal.

Les critères négatifs !!

 

Jamais dans une plaine en raison des risques de prédation par les rapaces et de décantonnement précoce.

Jamais à proximité d’une route fréquentée pour éviter les écrasements, la malveillance, le vandalisme…

Ne jamais inclure une mare ou un ruisseau dans la volière, tout traitement dans l’eau de boisson devenant aléatoire en cas de maladies.

Jamais au sommet d’une colline, ni au fond d’une vallée, mais plutôt à flanc de colline pour faciliter le vol.

Eviter d’implanter une volière dans un bois hébergeant une flore rare voire exceptionnelle qui pourrait être endommagée ou détruite.

 

Comment construire une volière anglaise ?

 Nous conseillons de la faire grande, le surcoût n’étant pas important ; une volière d’un hectare permet de lâcher 500 faisans.

Une forme ronde ou carrée (en ayant soin d’arrondir les angles pour éviter un entassement occasionnel des oiseaux) assura, pour un périmètre donné, une surface maximale.

Matérialiser le périmètre de la volière envisagée en déroulant un ruban de plastique de chantier orange et blanc, accroché de place en place sur les arbres ou arbustes, aide à la perception visuelle de la surface du futur enclos.

Préparer la périphérie de la volière

Le tracé de la volière ainsi délimité, le premier travail consiste à ouvrir une éclaircie de dix mètres environ de large sur l’ensemble du périmètre (cf. photo).

Certains arbres seront abattus (en respectant les belles tiges) et ceux dont la morphologie, l’essence (robiniers, châtaigniers, voire chênes) et le diamètre conviennent fourniront les pieux de 3 mètres de longueur nécessaires à la construction de la clôture.

Cette ouverture sera si possible désouchée ou les souches coupées très près du sol pour éviter les risques d’endommager le broyeur lors de l’entretien annuel ultérieur.

Cette éclaircie a plusieurs fonctions :

– permettre le passage de l’engin qui réalisera la tranchée d’enfouissement du grillage si le choix est fait de l’enterrer. Cet engin (pelle mécanique , tracto-pelle…) servira également à enfoncer les pieux d’où un gain considérable de temps et d’énergie(cf.photo).

–   empêcher que la clôture soit endommagée par la chute d’une grosse branche d’un arbre de bordure ou que des mustélidés s’introduisent dans la volière en grimpant sur un arbre proche.

– éviter que des faisandeaux perchés sur des arbres se trouvant à l’intérieur de la volière mais proches de la clôture ne quittent prématurément la volière lors du « débrancher » matinal.

– permettre une mise en place facile et un contrôle visuel rapide de la clôture électrique de protection contre les prédateurs terrestres (sangliers, renards, mustélidés…).

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Tranchée et piquets de clôture

S’il est décidé d’enfouir la base du grillage, une tranchée de 30 centimètres de profondeur sera creusée. Là encore l’utilisation d’un d’une pelle mécanique ou d’un tracto-pelle est vivement recommandé. S’il s’agit d’un engin puissant, les pieux de bois, préalablement distribués sur le périmètre de la volière tous les 7 mètres environ et présentés verticalement par deux aides, seront enfoncés avec le dos du godet, cette façon de procéder assurant un gain de temps considérable (cf.photo).

Le grillage sera soit enfoui soit simplement plaqué au sol sur une largeur de 30 centimètres et maintenu par des piquets, des rondins ou de la terre.

Les pieux, de 3 mètres de longueur, seront enterrés de 50 à 60 centimètres.

Une hauteur de clôture de 2,50 mètres est largement suffisante en terrain plat.

Par contre, si la volière est construite à flanc de colline à forte pente, il faudra augmenter la hauteur de la clôture sur le coté le plus bas pour compenser la dénivellation et empêcher les oiseaux de sortir prématurément en voletant.

Deux portes d’accès seront ménagées sur des parties opposées de la volière dont une de largeur autorisant le passage des véhicules nécessaires à l’entretien à l’intérieur de l’enclos (tracteur et girobroyeur), à la livraison des faisandeaux puis à l’approvisionnement en eau et en aliments.

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Le grillage

Deux fils tendeurs seront solidement fixés, munis de raidisseurs : l’un au sommet des piquets les reliant entre eux, l’autre sur les piquets à 70 centimètres au dessus du sol. C’est sur ces fils qu’est agrafé le grillage.

En partie basse, un grillage à petites mailles (20 mm.) de 1 mètre de largeur, enfoui ou replié sur 30 centimètres à sa base, sera agrafé à la fois au fil tendeur situé à 70 centimètres au dessus du sol et à la partie basse du grillage supérieur.

Le grillage supérieur, d’une hauteur de deux mètres, en métal galvanisé à mailles de 50 ou 60 mm. sera agrafé sur le fil tendeur du haut et le fil tendeur du bas, solidarisé avec le petit grillage inférieur. La bande résiduelle de 30 centimètres en haut sera repliée à l’horizontale vers l’extérieur pour empêcher l’intrusion de mustélidés.

Dans la partie basse de la clôture, seront ménagés des orifices spéciaux destinés à permettre aux jeunes oiseaux de réintégrer la volière en marchant ( trappes de ré-entrée ou « pop holes »).

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Les trappes de réentrée ou pop holes

Trois à cinq semaines après leur introduction dans la volière, quelques faisandeaux commencent à sortir en vol le matin ; on les voit, le soir venu, piéter le long du grillage en cherchant désespérément à rentrer, n’ayant pas l’idée de voler pour regagner l’intérieur…

Les trappes sont destinées à permettre à ces jeunes oiseaux inexpérimentés de rentrer à pattes dans la volière et d’éviter les dangers d’une nuit passée à l’extérieur, sans protection.

Une trappe tous les cinquante mètres suffit, soit environ huit trappes pour une volière d’1ha.

Ces orifices sont rectangulaires (70 cm. de haut sur 50 cm. de large) et se prolongent dans la volière par un tunnel en grillage de 90 cm. de long débouchant sur une chicane empêchant les oiseaux d’utiliser la trappe pour sortir de la volière à pattes.

Dans le tunnel à 20 cm. de l’orifice extérieur est disposée une grille à barreaux métalliques verticaux espacés de 9 cm. permettant le passage des oiseaux jusqu’au stade sub-adulte, tout en empêchant l’entrée d’un renard.

Clôture électrique de protection

Elle est indispensable pour éviter les dégâts dus aux renards, sangliers, chats et chiens errants, mustélidés…

Il faut une triple clôture : deux rubans ou fils sont fixés sur des piquets isolés, disposés à 50 cm. ou plus de la clôture, à 15 et 30 cm. au dessus du niveau du sol. Un troisième ruban est fixé sur les piquets de la volière à 1m. de hauteur au moins sur des isolateurs dits en « queue de cochon » vissés sur les piquets.

Sous la clôture électrique séparée de la volière, le sol sera débarrassé de toute végétation pouvant entrer en contact avec les rubans.

Pour permettre l’accès des véhicules à l’intérieur de la volière, chacun des trois rubans sera équipé d’une poignée isolante permettant d’interrompre momentanément le circuit électrique.

Pendant toute la période où les oiseaux seront cantonnés dans la volière, le bon fonctionnement de l’électrification de la clôture sera vérifié quotidiennement.

Outre une obligation légale, la signalisation de la présence d’une clôture électrique aux personnes non informées relève de la plus élémentaire courtoisie et permet, le cas échéant, d’expliquer les raisons de sa présence.

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Dans une prochaine note d’information, seront abordés les aménagements à l’intérieur de la volière puis la façon d’utiliser la volière anglaise…

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